samedi 6 décembre 2008
Regrets éparpillés
La vie m'a éloignée du fleuve.
Pourtant, à chaque fois que j'y reviens,
une bouffée de tristesse et de douceur
m'envahit.
Je dois repartir et je voudrais rester un peu,
le temps de croiser ce regard familier
et distant.
Il ne dit rien mais je crois deviner.
Je voudrais m'arrêter,
écouter ce qu'il ne me dit plus.
Mais le temps a passé.
Ma muse est devenue fantôme.
Les souvenirs pâlissent.
Mon amour est intact pourtant.
Même si ma vie est ailleurs.
Peut-être. Peut-être pas.
On dirait que le fleuve traverse un champ de ruines...
samedi 23 août 2008
Vous m'avez dit

(Pour Gilles)
Vous m'avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous,
Soudain nous ont aimés et que l'une d'entre elles,
Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.
Vous me parliez des temps prochains où nos années,
Comme des fruits trop mûrs, se laisseraient cueillir ;
Comment éclaterait le glas des destinées,
Comment on s'aimerait, en se sentant vieillir.
Votre voix m'enlaçait comme une chère étreinte,
Et votre coeur brûlait si tranquillement beau
Qu'en ce moment, j'aurais pu voir s'ouvrir sans crainte
Les tortueux chemins qui vont vers le tombeau.
lundi 18 août 2008
Je t'aime tant
Mon sombre amour d'orange amère
Ma chanson d'écluse et de vent
Mon quartier d'ombre où vient rêvant
Mourir la mer
Mon beau mois d'août dont le ciel pleut
Des étoiles sur les monts calmes
Ma songerie aux murs de palme
Où l'air est bleu
Mes bras d'or mes faibles merveilles
Renaissent ma soif et ma faim
Collier collier des soirs sans fin
Où le cœur veille
Est-ce qu'on sait ce qui se passe ?
C'est peut-être bien ce tantôt
Que l'on jettera le manteau
Dessus ma face
Coupez ma gorge et les pivoines
Vite apportez mon vin mon sang
Pour lui plaire comme en passant
Font les avoines
Il me reste si peu de temps
Pour aller au bout de moi-même
Et pour crier Dieu que je t'aime
Je t'aime tant, je t'aime tant
dimanche 3 août 2008
Merci
Ecueils

Je voudrais croire
Je voudrais rêver
Ecrire cette histoire
L’empêcher de couler
Mais mes rêves se brisent
Sur les écueils de toujours
Lui au fond de moi
Son corps seulement
Si familier et si lointain
Instants volés
A son autre vie
A son autre femme
Je ne demande plus
Je prends parfois
Mais refuse souvent
Engourdie, malmenée
Mirages incertains
D'un instant d'abandon
D'un carré de soleil
Echappé des nuages
Mais le temps surtout
Le temps de penser
Le temps de rêver
A d’autres rivages
A d’autres voyages
Au bord du vide
De cette nuit sans rêve
Je me retourne sans cesse
Sur le voile de ma vie
Une nuit sans lune
Un ciel sans étoiles
Un amour sans rêve
Une vie sans toi
Je ne peux pas
Ta voix me guide
De plus en plus lointaine
C'est la distance hélas
Qui la rend plus douce.
mercredi 16 juillet 2008
Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière; et on se dit: "J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."
Alfred de Musset (1834) Acte II Scène V
samedi 28 juin 2008
Comme une étoile au fond d'un trou...

(…)
Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir ce que dit ma bouche
Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens
Quelle heure est-il quel temps fait-il
J'aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile
C'est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d'un trou
mardi 17 juin 2008
Sous la lune noire
Sous la lune noire de mes amours déchues
ce qui n’a pas été ou peut-être si peu
était enterré là sous un amas d’ordures.
Oubliée du monde et du regard des hommes
je marche sans effort jusqu’au bout de ma vie
je n’ai plus rien à perdre ni plus rien à gagner.
Notre histoire a fini sans avoir commencé
et mon amour vivra même dans le coeur éteint
de ce corps qu’on brûlera sous la coupole cuivrée.
jeudi 12 juin 2008
lundi 9 juin 2008
Au bord du fleuve
avec le chant du merle
et ce gros ballon rouge
qui plonge à l'horizon.
J'ai oublié la ville
ses rumeurs, ses alarmes
et, pour ce soir encore
le fleuve est loin d'ici
Je cherche ses reflets
quand je ferme les yeux
et je te vois aussi
marcher tout près de lui.
samedi 7 juin 2008
jeudi 5 juin 2008
vendredi 23 mai 2008
Elle se refuse toujours
Elle se refuse toujours à comprendre, à entendre,
Elle rit pour cacher sa terreur d'elle-même.
Elle a toujours marché sous les arches des nuits
Et partout où elle a passé
Elle a laissé
L'empreinte des choses brisées.
Capitale de la douleur (1926)
mercredi 14 mai 2008
Le ruisseau
Beaucoup d'eau a passé sous les ponts
et puis aussi énormément de sang
Mais aux pieds de l'amour
coule un grand ruisseau blanc
Et dans les jardins de la lune
où tous les jours c'est ta fête
ce ruisseau chante en dormant
Et cette lune c'est ma tête
où tourne un grand soleil bleu
Et ce soleil c'est tes yeux
Chanson du mois de mai

L'âne le roi et moi
Nous serons morts demain
L'âne de faim
Le roi d'ennui
Et moi d'amour
Un doigt de craie
Sur l'ardoise des jours
Trace nos noms
Et le vent dans les peupliers
Ane Roi Homme
Soleil de chiffon noir
Déjà nos noms sont effacés
Eau fraîche des Herbages
Sable des Sabliers
Rose du Rosier rouge
Chemin des Ecoliers
L'âne le roi et moi
Nous serons morts demain
L'âne de faim
Le roi d'ennui
Et moi d'amour
Au mois de mai
La vie est une cerise
La mort est un noyau
L'amour un cerisier.
dimanche 11 mai 2008
Affinités communautaires
L'électrogène radicasse est un instrument à multiplastres microfins qui tient dans une boîte à zouailles. I1 sert à mesurer la maboulie chez les Zigomestres de droit macaronique. Le Haut Virginaire à qui il est confié, grâce à ses ascendances macrobates, ne peut ambivaler l'appareil mignonnet qu'au moment où l'un des mestres zigos extrapose sa lamprenelle tangible.
Hélas ! Le Haut Virginaire, un peu croulant, a toujours quelques crêpons de retard sur la détection psychochronique. Dom Flac et Mac Doll avaient beau cybernétiquer, il fallait regueuler pendant que le migronnet sur le vif, par dépit autonomiaque, cracouillait le nécrate pigatif.
Le Sinistre de la justice, en ayant marre, mit un filin à tant d'obstrusie. Il espeya d'un geste, plein de prestance la partie haute du Virginaire. Celui-ci croula pour de bon.
Depuis lors, par ocquetroi, les Zigomestres ont fondé la Clique des Gouailles et expansent parmi le peuple souverain le fabuleux électrogène radicasse qui pèle la poire en un clin d'ouille et calmate les zozos des hypocons et des dryaques.
Extrait de "Cymballum Mundi"
vendredi 9 mai 2008
Lui
Il est temps de partir, de fermer la porte sur ce théâtre absurde. Qu'ils s'amusent sans moi. Je n'arrête pas de partir. Dans la cour de récréation, nous disions "deux! deux!"... Mais là, on n'arrête pas, on s'acharne... on n'a pas assez du spectacle de la défaite, il faut voir le cadavre, s'en repaître. Retour à l'âge des cavernes, à l'obscurantisme. Elle a forcément raison, toujours. On ne doit pas réfléchir et on ne se trompe jamais. On attend l'inspiration divine et on assassine avec le sourire.
Je pense à la gravure de Rops, la femme aux yeux bandés, qui tient un cochon en laisse. Elle, c'est le cochon qui la mène.
Mon amant me regarde pleurer. Me serre dans ses bras. Il essuie mes larmes. La politique ne l'intéresse pas. Il serait pathétique de le convertir. Qu'il garde seulement sa place. Sa place unique. Celle de l'homme qui regarde la femme que je suis. Qui la prend. Qui la préserve. Qui la nourrit.
Mon refuge. Ma source. Ma force. C'est toi que je devrais aimer.
lundi 5 mai 2008
Solitudes
Plus loin du fleuve
une chambre
Sa pâle lumière
s'échappe de la fenêtre entrouverte
sur d'improbables amours...
dimanche 4 mai 2008
Le ciel est, par dessus le toit...
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si beau, si calme!
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte,
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit,
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse?
dimanche 20 avril 2008
Enivrez-vous
Il faut être toujours ivre.
Tout est là:
c'est l'unique question.
Pour ne pas sentir
l'horrible fardeau du Temps
qui brise vos épaules
et vous penche vers la terre,
il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi?
De vin, de poésie, ou de vertu, à votre guise.
Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois,
sur les marches d'un palais,
sur l'herbe verte d'un fossé,
dans la solitude morne de votre chambre,
vous vous réveillez,
l'ivresse déjà diminuée ou disparue,
demandez au vent,
à la vague,
à l'étoile,
à l'oiseau,
à l'horloge,
à tout ce qui fuit,
à tout ce qui gémit,
à tout ce qui roule,
à tout ce qui chante,
à tout ce qui parle,
demandez quelle heure il est;
et le vent,
la vague,
l'étoile,
l'oiseau,
l'horloge,
vous répondront:
"Il est l'heure de s'enivrer!
Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps,
enivrez-vous;
enivrez-vous sans cesse!
De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise."
jeudi 17 avril 2008
Une parole entendue...

la plus belle arche et qui est un jet de sang
la plus belle arche et qui est un cerne lilas
la plus belle arche et qui s'appelle la nuit
et la beauté anarchiste de tes bras mis en croix
et la beauté eucharistique qui flambe de ton sexe
au nom duquel je saluais le barrage de mes
lèvres violentes
"Aimé Césaire est un Noir qui est non seulement un Noir; mais tout l'homme, qui en exprime toutes les interrogations, toutes les angoisses, tous les espoirs et toutes les extases, et qui s'imposera de plus en plus à moi comme le prototype de la dignité"
André Breton
dimanche 13 avril 2008
Mon Expo 58 à moi...
En pleine guerre froide, nous avons découvert la Laterna Magika au pavillon tchèque.
L'adulte que je suis a su entre-temps que, dans cette équipe de mise en scène, se trouvait un jeune homme nommé Milos Forman.
Il y avait aussi les marionnettes de Trnka. J'avais de la chance. Mes parents avaient fait leur voyage de noce à Prague en 1952. Ils avaient un faible pour cette ville et nous avons donc passé beaucoup de temps au pavillon tchèque. Ils avaient aussi, mon père surtout, une sympathie particulière pour les artistes subversifs de l'Est comme pour les démocraties nordiques.
J'ai vu aussi une réplique du Spoutnik II, ce vaisseau dans lequel on avait envoyé la pauvre Laïka, morte asphyxiée en orbite terrestre en août 58.
Dans genre différent, il y avait aussi cette visite d'une "banane volante". Je n'ai jamais compris la spécificité de cet engin tant utilisé à l'époque, notamment dans la guerre d'Algérie. Mes yeux d'enfant retiennent que c'était un super hélico, encore plus impressionnant que les Sikorsky de l'Allée Verte et qui faisait encore plus de bruit puisqu'il avait deux rotors au lieu d'un...
Plaine de jeux, cheval Bayard et télésiège au dessus des pièces d'eau, étoiles lumineuses et Atomium bien sûr... Tout cela était comme un conte de fée.

Mais ce n'était rien à côté de la Belgique miniature en dessous de la passerelle de la flèche du génie civil. Il fallait que j'y retourne à chaque fois. Du haut de mes 3 ans 1/2, je repérais avec mon père le parcours de l'autostrade qui menait à la mer.

Des années après la fermeture de l'Expo j'y retournais encore, assistant impuissante à sa lente disparition, jusqu'à la destruction de la flèche dans les années 70.
samedi 12 avril 2008
La porte entrebaillée

Je m'appuie
J'ai envie
Ne pas avoir peur
Devant toi
Etre nue
Vraiment moi
L'enfance, la blessure
Toi qui paie
T'as rien fait
Pour ça
Ouvrir
Vivre
Respirer
Oser
La vie
Et le temps presse
Ivresse
Oubli
Envie
De toi, pour toi
Pour nous
Pour moi
Reste
J'ai peur
Toi aussi, je sais
Mais
Mon frère
Mon enfant
A deux
On est plus fort
Que tout seul
C'est bête
Je t'aime
J'y peux rien.
Un petit coin d'enfance...

Il y a 50 ans, tout le monde se préparait à cet immense événement de l'après-guerre qu'était l'ouverture de l'Expo 58. Pendant qu'on construisait là-bas, on détruisait la ville. Mais à l'époque, je ne le savais pas encore.

Comme tous les samedis, je passais sur le viaduc et je regardais fascinée les Sikorsky de la Sabena stationner et même, si j'avais un peu de chance, décoller ou atterrir sur l'héliport de l'Allée Verte, en face de chez Citroën. Quelle chance aussi que mon père ait choisi cette marque de voiture. J'avais ainsi d'autres occasion de voir ces hélicoptères qui me fascinaient tant au point que j'en rêvais la nuit.

Nous allions à la mer, chez mes grands parents, empruntant cette nouvelle autostrade qui soulageait mon mal des transports mais me privait de mes repères habituels, comme cette belle petite ville d'Eeklo que nous traversions autrefois par "l'ancienne route" qui prenait tellement plus de temps.

Il y avait à Eeklo une façade ou un pignon de bâtiment avec, si je me souviens bien, des statues d'anges. C'était curieux et fascinant pour la toute petite fille que j'étais. Je n'ai pas retrouvé de trace de ce lieu depuis.
A l'époque, mes parents allaient me chercher à l'école le samedi midi et j'embarquais dans la deux chevaux familiale pour des heures de trajet et un court week-end à la mer auprès de ma grand-mère dont la gaité a éclairé mon enfance.
dimanche 16 mars 2008
Matière première
Mots
mots immortels
de cil de ficelle de poudre de sel et de fleur
humides mauves vermoulus pâles et carnivores
mots de cire rouge et de larmes
de baisers et de flambeaux de Judas
pointus têtus nerveux obtus ventrus et lourds
mots de la fin mots de la rime
aux accouplements dangereux
aux liaisons faciles
aux maladies incurables
mots lapsus malades de la peste
monumentaux et orgueilleux
aux bijoux de fautes d'orthographe
mots criminels et purs
décapités sur l'échafaud de la censure
mots mes bons camarades d'orgie
des nuits de neige et de plume.
mots torturés au lance-flammes
mots à la taille de gazelle
à l'épiderme de velours rouge
aux jambages de french cancan
à la silhouette fuyante de marlou
mots qui portez chapeau melon
cachés dans les pianos et les trompettes de jazz
mots tabourets
qui êtes une injure permanente et gratuite
mots de perdition et de déraillement
de Babel de carnaval et d'hiéroglyphe
mots qui faites à présent l'amour
stylets de la durée exacte
amulettes et chiffres d'or
maîtres magiques des objets
serpents de la dialectique
mots créateurs brûlants qui nous livrez le monde
croissez multipliez plus cruels et plus forts.
mardi 4 mars 2008
Eclipse
Mais le temps a passé
Je marche solitaire
Dans nos pas effacés
Et le regret d'hier
M'empêche d'avancer.
Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
dimanche 17 février 2008
A Patrick
Jeg elsker øer
- Fordi de tvinger os til at rejse
fordi de får vores opbrud
til at minde om ankomster.
mardi 12 février 2008
L'ombre
Je marchais en silence
A quelques pas derrière
Son ombre solitaire
Je n'ai pas pu crier
Courir, la rattraper
Je n'ai su que me taire
La regarder au loin
Marcher et disparaître
Le ventre déchiré
Et le coeur à l'envers.
mardi 29 janvier 2008
Attendre
Je ne suis pas à toi,
Je ne suis à personne
Il y a tous ces silences
Ces peurs accumulées
De trop de solitude
Et de regrets épars
Le miroir de nos songes
N’est que le bruit de l’eau
En dessous de la glace
Et nous devrons attendre
Que le printemps l’efface
mardi 22 janvier 2008
Le Phoenix

Le dernier printemps la dernière neige
De la boue et de la rosée,
lundi 21 janvier 2008
Elle s'en va
samedi 19 janvier 2008
samedi 5 janvier 2008
Invitation au voyage
Partir, fuir cette aube grise ...
Ce n'est même plus l'hiver.
Partir, chercher la lumière, l'amour,
Sentir ta tête entre mes seins, ton souffle paisible et chaud.
Partir, ne plus penser.
Viens... Allons-nous en!
mardi 1 janvier 2008
Blinkende lygter
I barndommens lange og dunkle nat,
brænder små blinkende lygter.
Som spor af erindringen efterladt,
mens hjertet fryser og flygter.
Her lyser din vildsomme kærlighed,
fortabt gennem tågede nætter,
og alt hvad du siden elsked og led,
har grænser som viljen sætter.
Den første sorg har et spinkelt skær,
som en tåre der skælver i rummet.
Kun den vil være dit hjerte nær,
når al anden sorg er forstummet.
Højt som en stjerne en vårlig nat,
brænder din barnlige lykke.
Du søgte den siden, men fik kun fat,
dens flakkende sensommerskygge.
Din tro du tog med dig så langt af led,
for det var det første og sidste.
Nu står den og brænder i mørket et sted,
og der er ikke mere at miste.
Og en eller anden kommer dig nær,
men kan aldrig helt forstå dig.
For dit liv har du lagt under lygternes skær,
og ingen skal siden nå dig.
1947
On peut toujours rêver...
Belle année 2008 à toutes et tous!