mardi 24 juillet 2007
Jeux de miroirs
A offert un miroir
A la femme que je suis
Je suis émue, je lui souris.
Un geste fugitif, une caresse volée
A la vie qui nous sépare
Depuis toutes ces années.
Je ne l'aime pas, je m'attendris.
Je me suis éloignée de lui.
Et mon ombre n'est plus ici.
Elle est au bord du fleuve
Ou sur une table, la nuit.
Je suis comme un cadeau
Qu'on a déposé là
Et qu'il aurait oublié
De déballer.
Car il rêve d'une femme
Qui n'existe pas.
Et moi?
Je rêve de celui qui ne me voit pas.
dimanche 22 juillet 2007
Tiens-toi droit!

Tiens-toi droit!
Si tu t'arrondis, tu auras l'air d'une arche.
Tiens-toi droit!
Si tu t'arrondis, tu auras l'air de quoi ?
Tu auras l'air d'un pont même pas de pierre,
l'air d'un pont de bois, l'air d'un pont d'acier.
Tu auras l'air d'un tronc par d'ssus la rivière,
tu auras l'air d'un rien sur quoi j' peux marcher,
l'air d'un trait d'union, l'air d'une passerelle,
l'air de ce par quoi j' peux aller plus loin,
l'air d'un fond sonore, l'air d'une ritournelle,
l'air d'une musique dont j' n'ai pas besoin.
Tu auras l'air d'un peu, l'air d'un plus grand'chose,
l'air d'un intermède, d'une récréation,
l'air d'un amant pour bibliothèque rose,
d'un soupirant pour représentation,
l'air d'un grand chemin comme tous les autres,
prêtant à mes pas son sol aplani,
l'air d'un macadam, l'air d'un qui se vautre,
content, bien content de ses avanies.
Mais moi je ne veux pas que tu t'arrondisses.
Je veux contre toi toujours me heurter.
Laisse, laisse-moi tous les précipices
que sous mes pas l'amour va susciter.
Je n' veux pas de pont, je veux des rivières,
je veux des torrents où tourbillonner.
Je veux cette vie, je la veux entière,
même si mon cœur y doit suffoquer.
Mais tiens-toi droit!
Ne t'arrondis pas, il faut que je marche.
Tiens-toi droit!
Si tu t'arrondis, j'aurai l'air de quoi ?
© Warner Chapell
mercredi 18 juillet 2007
Mon enfant de l'exil

C'est par ces mots que je commençais un texte que je te dédiais, deux ans avant ta naissance, dans un tramway qui sillonnait les rues d'Amsterdam. Je ne sais ce qu'est devenu ce texte. Toi, en tout cas, j'ai fini par réussir à te faire, à te mettre au monde comme je le souhaitais, chez moi, chez nous, avec ton père.
Le temps a passé. Ton père n'est plus auprès de nous depuis longtemps. L'a-t-il jamais été? Je ne sais pas ce que tu en penses. Tu ne veux pas en parler. Je sens au fond de toi une blessure silencieuse que je n'ai pas le droit de nommer. Aussi de la colère et beaucoup de tristesse.

L'adulte que tu es devenu continue sa route.
Tu la raisonnes, tu la conseilles, tu argumentes avec elle et tu es irrité par ta mère sur les mêmes points que quelqu'un qui m'est cher. C'est amusant, troublant et mystérieux à la fois....
Tu es devenu un homme mon fils et je suis fière de toi.
mardi 17 juillet 2007
Rain and Tears
Et beaucoup ri
Complicité
des heures tardives
Le temps a passé
La source est tarie
Il s'en est allé
Il faut que je vive.
dimanche 15 juillet 2007
Le fleuve
samedi 7 juillet 2007
Viva la vida!

Magdalena Carmen Frieda Kahlo Calderón ou Frida Kahlo est née au Mexique le 6 juillet 1907, bien qu’elle se plaise à dire qu’elle est née la même année que la révolution mexicaine, c'est-à- dire trois ans plus tard.
Comment as-tu fait, Frida, pour garder cette envie de vivre et d'aimer, pour te réapproprier ton corps de femme brisé, rompu par la douleur et les blessures? Quelle était cette force qui t'animait au plus profond du désespoir? Tu était si belle, si féminine... Tu es restée libre et rebelle. A défaut de ton talent, j'aimerais au moins avoir ton audace...
Sur son journal, elle note au bas d'un dessin :
"Des pieds, pourquoi est ce que j'en voudrais si j'ai des ailes pour voler ?"
Le 13 juillet 1954, à 47 ans, Frida succombe à une mauvaise pneumonie, à moins que moralement épuisée, elle n'ait mis fin à ses jours.
"Espero alegre la salida y espero nunca volver"
En travers d'une de ses dernières peintures elle avait écrit : Viva la vida!Hier Frida Kahlo aurait eu cent ans.
Trois mois plus tard, je venais au monde. Personne ne m'a jamais parlé d'elle.
C'est grâce à une amie éblouie et émue qui, de retour du Mexique, m'a montré ses oeuvres pour la première fois. C'était il y a quinze ans. Merci Danielle.
jeudi 5 juillet 2007
L'été
Dehors, le ciel gorgé de pluie s'assombrit déjà. Je voudrais lui dire... mais je ne dirai rien.
Je marche en silence. la boue me colle aux pieds.
C'est l'été.
L'été des paradoxes. L'été des équivoques. L'été anniversaire. L'été du temps qui passe, encore et toujours....
Apprendre la patience et oublier un peu. Jusqu'à demain.